Réaumur Sébastopol Réaumur Sébastopol

Petits aperçus de gens croisés dans le métro parisien.

La bonne quarantaine, pas vraiment rasé de près, l’homme est assis côté couloir, tourné vers son collègue assis dans le carré d’en face. Ils semblent heureux et plaisantent, sans doute soulagés d’avoir fini leur journée de travail.

Tous deux sont vêtus de la même tenue de travail : pantalon rouge multi-poches, veste chaude assortie avec col en fausse fourrure noire.

Ce qui les distingue, hormis l’âge, les chaussures : le premier porte des chaussures de randonnée, quand le plus jeune porte des sneakers à virgule ; le bonnet : griffé, également, pour le second. 

Détail le plus marquant, sans doute : le premier supporte, sur ses genoux, une imposante boîte à outils en cuir noir rectangulaire qui semble avoir quelques années derrière elle. 

Quand le second se contente d’un sac à dos.

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Cheveux poivre et sel coupés à la ‘French Line’ et rasé de près, l’homme à la petite quarantaine porte une chemise à carreaux comme on n’en fait plus - aux tons pastels allant de l’abricot au bleu layette.

Jean droit foncé, asics noires aux pieds et sac à dos Eastpak sur les genoux, il semble déjà complètement absorbé par le livre “Zanuck, Le Dernier Grand Nabab" de Leonard Mosley alors qu’il vient à peine de l’entamer.

On serait en 1992, on lui donnerait 15 ans.

Sans le poivre et le sel.

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Ballerines blanches, forcément salies, chacune affublée d’une fleur noire.

Robe légère. Si longue qu’on voit à peine ses fines chevilles. Si ample qu’on distingue à peine ses minces cuisses. Si rétro, le motif fleuri de la robe aurait été très bien pour tapisser les murs de la chambre de ma grand-mère.

Veste bleu marine, col rond, à gros boutons nacrés. Sac Lancel de couleur prune, posé sur les genoux.

La dame semble avoir vidé sa boîte à bijoux avant de partir ce matin.

A la main gauche, deux grosses bagues ; à la main droite, une troisième du même calibre accompagne un solitaire.

Autour du cou, une fine chaîne parée d’un pendentif. Une seconde chaîne, à maille anglaise. Puis, un collier de grosses perles plates.

Aux oreilles, dépassant d’un carré négligé et un peu crépu, deux épaisses créoles viennent achever l’ornement.

Un peu comme une étoile viendrait sublimer un sapin de Noël.

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9h32

Les mocassins en nubuck gris à surpiqûres blanches. Le jean usé, ourlé seulement à droite.

L’Équipe entre les mains, le jeune homme a l’air totalement absorbé. Et il manque sans arrêt de basculer.

Les cheveux en bataille, on dirait que sa tête n’est soutenue que grâce au casque audio qu’il a gardé autour du cou. Et il pique sans arrêt du nez.

Sous une veste en velours bleu foncé, sa chemise, froissée et tâchée de-ci de-là, laisse entrevoir un ventre bien tendu dont je ne désignerais aucun autre responsable que la bonne vie.

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