Réaumur Sébastopol Réaumur Sébastopol

Petits aperçus de gens croisés dans le métro parisien.

Ballerines blanches, forcément salies, chacune affublée d’une fleur noire.

Robe légère. Si longue qu’on voit à peine ses fines chevilles. Si ample qu’on distingue à peine ses minces cuisses. Si rétro, le motif fleuri de la robe aurait été très bien pour tapisser les murs de la chambre de ma grand-mère.

Veste bleu marine, col rond, à gros boutons nacrés. Sac Lancel de couleur prune, posé sur les genoux.

La dame semble avoir vidé sa boîte à bijoux avant de partir ce matin.

A la main gauche, deux grosses bagues ; à la main droite, une troisième du même calibre accompagne un solitaire.

Autour du cou, une fine chaîne parée d’un pendentif. Une seconde chaîne, à maille anglaise. Puis, un collier de grosses perles plates.

Aux oreilles, dépassant d’un carré négligé et un peu crépu, deux épaisses créoles viennent achever l’ornement.

Un peu comme une étoile viendrait sublimer un sapin de Noël.

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